Syndrome de l’intestin irritable : Michaël Sels répond aux questions brûlantes

Le syndrome de l’intestin irritable, également connu sous le nom de syndrome du colon irritable touche 1 Belge sur 10. Vous en avez certainement déjà entendu parler, mais savez-vous de quoi il s’agit précisément ? Michaël Sels, expert en nutrition, répond à 10 questions brûlantes posées par des personnes souffrant de ce syndrome.

Michaël Sels

Michaël Sels est diététicien, expert en nutrition et chef passionné. Grâce à la combinaison unique de son expertise clinique et d’un flair culinaire, il sait comme personne combien la nourriture peut être délicieuse et réparatrice. Visage familier des médias, il rend accessible les thématiques nutritionnelles complexes grâce à une approche positive et réalisable.

Vous plaignez-vous d’intestins gargouillant, de selles dures ou molles, de troubles intestinaux chroniques et de douleurs ? Si vous présentez le syndrome de l’intestin irritable, ces symptômes vous seront familiers. Car cette maladie a une réelle emprise sur votre ventre.

« Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble du fonctionnement de l’intestin », précise Michaël Sels. « Cela signifie qu’il y a un souci au niveau de la structure des intestins. Il n’est donc pas question de tumeur ou de malformation, mais plutôt d’un dérèglement engendrant beaucoup de gêne auprès des personnes présentant ce syndrome. Heureusement, il existe de nombreuses stratégies afin d’apaiser les douleurs. »

Osez demander : Édition « Intestin irritable »

Est-ce que le syndrome de l’intestin irritable est une vraie maladie ? Parfois, j’ai l’impression que tout est dans ma tête.

Beaucoup de personnes atteintes de ce syndrome éprouvent ce sentiment. Il s’agit pourtant d’une vraie maladie et non d’un « diagnostic d’exclusion » posé lorsque les symptômes ne correspondent à aucune autre pathologie. Il existe bel et bien des critères auxquels il faut répondre. Cependant, l’on préfère souvent avoir une preuve sur papier, sous forme d’imagerie médicale ou d’analyse sanguine. Mais étant donné qu’il s’agit ici d’un trouble du fonctionnement intestinal, ce n’est pas possible. Peu importe d’où vient votre inconfort, ce qui importe, c’est que nous savons l’atténuer grâce aux connaissances acquises aujourd’hui sur le sujet.

Pourquoi ai-je le syndrome de l’intestin irritable ?

Le syndrome de l’intestin irritable touche environ 1 Belge sur 10 et touche plus de femmes que d’hommes. Comment le syndrome se contracte n’est toutefois pas clair. Son apparition pourrait être déclenchée par une autre maladie, mais nous n’en sommes pas certains. Ce que nous savons en revanche, c’est que l’inverse n’est pas vrai : le syndrome de l’intestin irritable n’augmente pas le risque de développer d’autres maladies.

Plus de végétaux ? Plus de fibres !

Les produits animaux ne contiennent aucune fibre alimentaire. Afin de manger suffisamment de fibres, il faut donc faire appel à des aliments végétaux, ce qui s’incorpore parfaitement dans la transition vers un mode d’alimentation plus végétal.

Puis-je en guérir ?

Non, il n’est pas possible de guérir du syndrome de l’intestin irritable. Il existe néanmoins des stratégies très efficaces pour atténuer les symptômes. Certaines personnes sont même en « rémission » : elles souffrent toujours du syndrome mais ne se plaignent plus des symptômes. Ces stratégies sont complexes et varient fortement de personne en personne. Établir une stratégie efficace nécessite donc souvent un certain temps. Mais la satisfaction que l'on ressent lorsqu'on parvient à persévérer en vaut la peine.

Pourquoi est-ce que je n’en souffre que certains jours ?

Imaginez-vous que le syndrome est un seau de tolérance dans lequel tombe chaque stimulus. Tant que le seau ne déborde pas, pas de gêne. La taille du seau est toutefois variable et change de jour en jour. Le stress du travail ou une mauvaise nuit de sommeil diminueront votre tolérance aux stimuli. Résultat : il se peut qu’un repas que vous mangez depuis des semaines, embrase soudainement votre intestin. Cela prouve d’ailleurs que l’alimentation n’est pas le seul facteur en cause. Même avec une stratégie alimentaire au point, d’autres facteurs peuvent venir remplir ce seau.

Manger gourmand et coloré pour une forme éclatante

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Fatigue, stress, digestion capricieuse… Et si la solution ne se trouvait pas dans une pilule, mais dans votre assiette ? Ce que vous mangez influence directement votre santé, mais également votre énergie et votre bien-être. Miser sur une alimentation végétale et colorée, c’est déjà faire un grand pas vers plus de vitalité !

La santé mentale, a-t-elle une influence sur le syndrome de l’intestin irritable ?

Oui ! Le cerveau et les intestins sont en constante interaction et lorsqu’un problème survient sur cet axe, cela provoque des symptômes. Le souci peut également être d’ordre psychologique. Nous avons tous et toutes déjà été témoin de cette connexion : lorsque l’on ressent des papillons dans le ventre quand on est amoureux ou lorsqu’on doit se presser aux toilettes juste avant un examen important. Le cerveau transmet tout simplement son stress aux intestins. 

Mon allergie peut-elle déclencher le syndrome de l’intestin irritable ?

Une personne souffrant du syndrome de l’intestin irritable réagit généralement mal aux FODMAPs, des glucides difficilement digestes mais présents dans de nombreux aliments. Les allergies, elles, ne sont pas déclenchées par des glucides, mais par des protéines tels que le lactose ou le gluten. Une réaction allergique se manifestera également différemment. Car une personne allergique aux arachides peut atterrir à l’hôpital si elle embrasse quelqu’un ayant mangé des cacahuètes. Toutefois, une personne atteinte du syndrome de l’intestin irritable souffrira de symptômes lorsqu’elle ou il ingère des FODMAPs, sans toutefois se mettre en danger. Dans ce cas, manger des FODMAPs peut être inconfortable sans toutefois être nuisible comme l’est une réaction allergique.

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Un FODMAP ? Quesaco ?

Un régime pauvre en FODMAPs est souvent indiqué pour les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable. Les FODMAPs désignent plusieurs sortes de glucides difficilement digestes mais présents dans de nombreux aliments.
Lors d’un régime pauvre en FODMAPs, vous éliminez de votre alimentation les principaux FODMAPs durant six semaines. Au bout de cette période, vous faites une évaluation critique. Si vous vous sentez mieux, vous pouvez réintroduire les FODMAPs dans votre alimentation en procédant par famille afin d’identifier quelle(s) famille(s) causent votre inconfort. Après cette période de réintroduction, vous aurez votre liste personnelle des FODMAPs qui vous causent du tort.

Devrai-je toujours me tenir à un régime strict ?

C’est à vous de voir. Étant donné que les symptômes du syndrome de l’intestin irritable ne sont pas ceux d’une réaction allergique, vous pouvez vous permettre de temps à autres de faire un « écart ». Si vous avez quelque chose à fêter et que vous souhaitez aller au restaurant sans trop vous soucier de votre régime « strict », il n’y a pas de souci. Il est toutefois possible que vous ressentiez davantage d’inconfort par après, mais si cela en vaut la peine pour vous, il n'y a aucun problème. Le lendemain, vous reprendrez simplement le cours des choses.

Comment puis-je savoir si je suis la bonne thérapie ?

Il est important de suivre scrupuleusement votre thérapie, dans le but de pouvoir évaluer de manière critique si elle vous convient. Si vous pensez, par exemple, que le café est un déclencheur, supprimez-le durant quelques semaines et voyez si vos symptômes sont effectivement moins nombreux ou moins intenses. C’est le cas ? Vous savez alors que cela vaut la peine de continuer. Vous ne ressentez pas de différence ? Arrêtez alors votre « traitement », inutile de vous imposer des restrictions superflues ou de suivre aveuglément des recommandations parce que cela fonctionne pour quelqu’un d’autre. Cela ne vous aidera pas à vous défaire de votre inconfort.

Optez pour une tartine à la banane

Vous avez du mal à trouver des alternatives riches en fibres pour vos tartines ? Optez alors pour des fruits. Râpez par exemple une banane sur une tranche de pain complet.

Puis-je boire du café ?

Le café est pauvre en FODMAPs. Les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable ne devraient donc pas en pâtir. Toutefois, le café, ou la caféine de manière plus générale, intensifie la contraction des intestins avec un effet relaxant sur l’anus. C’est pourquoi de nombreuses personnes ont l’impression de devoir aller à selle après avoir bu leur café, également les personnes ne souffrant pas du syndrome de l’intestin irritable. Pour de nombreuses personnes boire du café est inoffensif, mais pour les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable, le café peut venir intensifier leurs douleurs.

Y a-t-il quelque chose à faire en dehors de l’alimentation ?

L’alimentation est souvent le point de départ, mais éliminer les FODMAPs requiert beaucoup d’attention. J’aime donc vérifier s’il est possible d’instaurer des mesures plus simples en analysant par exemple la façon dont vous mangez. Prenez-vous de grandes bouchées ? Avalez-vous beaucoup d’air ? Où peut-être ne mâchez-vous pas assez ? Tout cela peut causer de l’inconfort. Le contexte dans lequel vous mangez est également important. Vous mangez sur le coin de votre bureau ou rapidement derrière le volant ? Cela se répercute sur votre digestion mais peut facilement être modifié. Je cherche donc toujours la solution la plus efficace qui demande le moins d’efforts possible. Car pourquoi se compliquer la vie ?

Vous avez des plaintes ou des inquiétudes ? Faites-vous accompagner par un expert.

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