À l’aide ! J’ai une crise d’angoisse

Des sueurs, des vertiges et la sensation de perdre le contrôle. Lorsque des angoisses nous envahissent, nous le ressentons dans tout notre corps. Pourtant, tout commence là-haut. « Lors d’angoisses, il faut apprendre à rassurer son cerveau », explique Michel Lahaye, psychologue clinicien. 

Michel Lahaye

Michel Lahaye est psychologue clinicien et fut lui-même sujet à des crises d’angoisse durant de nombreuses années. Dans son cabinet, il aide des personnes présentant des troubles anxieux similaires. Son livre, paru en 2025, est une invitation accessible à mieux comprendre les angoisses et à apprendre à les gérer. En outre, il partage ses réflexions lors de conférences, de cours en ligne et d’ateliers.

Lorsqu’un feu s’embrase, tous nos sens s’aiguisent et nous entrons en mode survie. Lors d’une crise d’angoisse, le même mécanisme s’opère, bien que l’on ne puisse pas directement identifier le danger. Mauvais moment, mauvais endroit. C’est ainsi que Michel Lahaye nomme ce phénomène. « Le système d’alarme dans notre cerveau passe inutilement au rouge. Pourtant, à ce moment précis, le danger nous semble bien réel. Les personnes en proie à des crises d’angoisse peuvent alors ressentir l’impression de perdre le contrôle, de devenir folles ou même de mourir avec, comme conséquence, des réactions physiques intenses. Bonne nouvelle toutefois : les angoisses suivent un schéma reconnaissable que l’on peut briser. »

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Il n’est pas toujours nécessaire de pouvoir définir exactement d’où viennent vos sensations de panique, mais cette prise de conscience constitue tout de même un point de départ.
Michel Lahaye psychologue clinicien

Qu’est-ce qui nourrit les angoisses ?

Pour cela, il faut d’abord identifier ce qui provoque ce sentiment désagréable. Il n’existe pas d’explication universelle pour toutes les crises d’angoisse, mais, lorsque vous connaissez le déclencheur, vous pouvez agir de manière plus ciblée. « Il y a  plusieurs facteurs : une préposition génétique, l’éducation, un événement traumatique… », explique Michel. « Il n’est pas toujours nécessaire de pouvoir définir exactement d’où viennent vos sensations de panique, mais cette prise de conscience constitue tout de même un point de départ. Si, par exemple, vous êtes hanté(e) par la conviction “je ne suis pas assez bien”, vous pouvez essayer d’infirmer cette pensée. Et parfois, il s’agit seulement d’un concours de circonstances, par exemple, une période chargée ou stressante. Être la proie d’une crise d’angoisse n’en fait pas un trouble anxieux. »

Le bon signal

Mais une prise de conscience ne suffit pas toujours. Pour vraiment en finir avec les crises d’angoisse, il faut aussi les affronter étape par étape. Cela s’appelle l’exposition. « Une personne qui a la phobie des aiguilles évitera souvent les situations médicales. En les esquivant, vous envoyez un signal à votre cerveau : les aiguilles sont dangereuses. L’exposition consiste à recréer délibérément cette situation ou cette sensation, mais dans un environnement sécurisé. L’on vérifie ensuite si la pensée angoissante, par exemple, “je vais mourir”, s’est manifestée. Si vous brisez assez réguilèrement ce schéma, votre cerveau peut apprendre et constater qu’il n’y a pas de danger. Après un certain temps, le déclic opère et les sensations violentes s’atténuent. » 

Les mains moites

Recevoir un stimulus au bon moment est en soi utile. En cas de danger réel, nous voulons pouvoir compter sur cet instinct primitif. La peur ne nous rend pas seulement humains, mais c’est également elle qui nous rend fonctionnels. « Tant qu’elle reste proportionnée à ce à quoi l’on doit faire face, il n’y a pas de problème », dit Michel. « Il est logique que vous stressiez avant un entretien d’embauche ou un discours important. Avoir les mains moites est désagréable, mais n’est pas envahissant. Lors d’une crise d’angoisse, notre fonctionnement en pâtit et c’est pour moi le point de basculement : lorsque l’angoisse vient perturber notre quotidien, il est temps de s’y attaquer. »

Gérer les crises d’angoisse

  1. Comprenez ce qu’il vous arrive
    Avoir peur et paniquer, ce n’est pas la même chose. Avoir peur reste généralement proportionnel à la situation. Mais ce n’est pas le cas lorsque l’on panique ou que l’on angoisse. Une réaction physique intense s’en suit sous forme, par exemple, de palpitations, de vertiges ou de sueur. Si vous arrivez à reconnaitre et à contextualiser ces sensations violentes, elles deviendront moins accablantes.
  2. Ne les réfrénez pas
    Refouler l’angoisse mène souvent à l’effet inverse. On peut le comparer à un ballon de plage que l’on tente d’enfouir sous l’eau : plus on pousse fort, plus haut il ressurgira en dehors de l’eau. N’essayez donc pas de réfréner les sensations, coute que coute, mais tentez de les gérer au mieux. Penser « je ne suis pas fou/folle, j’ai une crise d’angoisse qui va passer » peut être rassurant à ce moment-là.
  3. Cherchez de l’aide
    Gérer l’angoisse, c’est plus facile à dire qu’à faire. Si les crises d’angoisse dictent votre quotidien, il vaut mieux trouver de l’aide. Un(e) professionnel(le) vous aidera à mieux comprendre ce qui alimente vos angoisses et vous guidera, pas à pas, à mieux les gérer. 

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