Que se cache-t-il (aussi) dans votre assiette ?
Vous lavez vos légumes, choisissez parfois du bio et essayez de cuisiner sainement. C’est déjà un bon début. Mais saviez-vous que la façon de cuire votre riz ou votre viande peut aussi faire la différence ? Aline Legipont et Stéphanie Paulissen, pharmaciennes chez Newpharma, partagent leurs conseils pratiques.
Manger sainement, sans se compliquer la vie
Pesticides, métaux lourds, PFAS… Certaines substances indésirables peuvent se retrouver dans votre alimentation, notamment par le sol, l’eau ou la cuisson. Pas très appétissant, c’est vrai. Mais inutile de commencer à interroger chaque aliment de votre frigo.
Selon Aline et Stéphanie, les risques potentiels pour la santé dépendent surtout de la quantité, de la durée et de la fréquence de l’exposition. Une pomme oubliée sous le robinet ne représente donc pas une catastrophe.
Leur conseil essentiel ? Continuez à manger varié et faites des choix éclairés quand vous le pouvez. Quelques bonnes habitudes peuvent déjà faire la différence.
5 petits réflexes à adopter en cuisine
- Lavez soigneusement vos fruits et légumes. Même si vous comptez ensuite les éplucher.
- Variez les féculents. Alternez entre riz, pommes de terre, pâtes et quinoa.
- Faites cuire le riz dans beaucoup d’eau. Puis égouttez-le après cuisson.
- Visez le doré, pas le brûlé. Évitez les tartines trop grillées, les frites trop foncées et les viandes carbonisées.
- Gardez un œil sur votre poêle. Si l’huile commence à fumer, baissez le feu.
Laver ou éplucher les légumes ? Les deux ont du bon
Les pesticides peuvent laisser des résidus sur les fruits et légumes. Heureusement, un lavage soigneux permet d’en éliminer une partie. Passez-les sous l’eau courante et frottez-les délicatement.
Les éplucher peut aussi aider, mais ce n’est pas toujours nécessaire. La peau des pommes, par exemple, contient des fibres et des antioxydants intéressants. Dommage de s’en priver systématiquement.
Et le bio dans tout ça ? Les aliments biologiques contiennent généralement moins de résidus de pesticides de synthèse, mais ne sont pas automatiquement exempts d’autres contaminants.
Le plus important reste de manger suffisamment de fruits et légumes. Même si vous ne choisissez pas toujours du bio.
Du riz aujourd’hui, des pommes de terre demain
Certains métaux lourds, comme le cadmium, le plomb ou le mercure, peuvent se retrouver dans les aliments via l’environnement. Le riz mérite aussi une attention particulière : pendant sa culture, il peut absorber de l’arsenic présent dans le sol et l’eau.
La bonne idée ? Varier les plaisirs. Alternez entre riz, pommes de terre, pâtes et quinoa.
Vous préparez du riz ? Rincez-le avant la cuisson, puis faites-le cuire dans une grande quantité d’eau que vous égoutterez ensuite. Cette méthode permet de réduire une partie de l’arsenic.
Même principe pour le poisson : mieux vaut varier les espèces. Les grands poissons prédateurs, comme l’espadon et certaines espèces de thon, contiennent généralement davantage de mercure. Les petits poissons, comme les sardines et les anchois, sont souvent de meilleurs choix pour limiter votre exposition.
Bien doré ? Oui. Carbonisé ? Un peu moins.
Une croûte croustillante sur vos pommes de terre, l’odeur d’un barbecue, une tartine fraîchement grillée… Difficile de résister. Pourtant, une cuisson trop longue ou à trop haute température peut favoriser la formation de substances indésirables.
L’acrylamide, par exemple, peut apparaître lorsque des aliments riches en amidon sont fortement chauffés. La cuisson des viandes à très haute température peut également produire certains composés nocifs.
Rassurez-vous, pas besoin de mettre votre barbecue à la retraite. Faites dorer vos frites plutôt que de les laisser brunir, évitez le contact direct avec les flammes et retirez les parties carbonisées de la viande.
Et si votre huile commence à fumer dans la poêle ? C’est qu’elle chauffe trop. Réduisez la température et choisissez une huile adaptée à votre préparation.
Pourquoi ne pas varier aussi les modes de cuisson ? La vapeur et la cuisson douce sont de bonnes alternatives. Avec, souvent, moins de vaisselle à la clé.
PFAS : tout ne se joue pas dans votre cuisine
Les PFAS sont des substances chimiques très persistantes qui peuvent se retrouver dans notre alimentation, notamment via l’eau et la chaîne alimentaire. Contrairement à certains résidus de pesticides, un simple lavage ou une cuisson ne suffit pas à les éliminer.
Il est donc utile de rester attentif aux recommandations locales concernant les contaminations, notamment pour les légumes du potager, les œufs de poules élevées chez soi ou les poissons pêchés dans la région.
Mais la lutte contre les PFAS ne repose pas uniquement sur les gestes individuels. Les contrôles, la transparence et les mesures de prévention de la pollution jouent aussi un rôle essentiel.
De petits gestes, un vrai pas en avant
Faut-il désormais examiner chaque aliment à la loupe ? Heureusement, non. Selon les expertes, l’essentiel est de varier son alimentation et d’adopter quelques bons réflexes.
Bien laver ses légumes, diversifier ses repas et éviter les cuissons trop intenses : autant de petites habitudes qui peuvent contribuer à limiter votre exposition à certaines substances indésirables.
Et cette pomme qui vous fait de l’œil ? Croquez-la sans inquiétude. Après l’avoir lavée, bien sûr.