Votre tête s’emballe ? Votre corps réagit aussi

Votre corps est tranquillement installé dans le canapé. Votre tête, elle, est déjà à demain. À moins qu’elle ne repense encore à cette conversation de la semaine dernière. Selon le kinésithérapeute Tom De Prest, le simple fait de penser à quelque chose de stressant peut activer votre système de stress. Il explique pourquoi notre tête et notre corps ne vivent parfois pas tout à fait au même rythme.

Pour votre corps, c’est toujours maintenant

Nous vivons aujourd’hui plus confortablement que jamais, explique Tom. Mais selon lui, plus de confort ne signifie pas forcément que notre corps se repose davantage.
Notre cerveau reste programmé pour détecter un danger potentiel. Simplement, ce danger a changé de visage. Plus de prédateur à nos trousses, mais du stress au travail ou des pensées qui nous ramènent à un événement passé.

Tom l’illustre avec une image parlante : un zèbre ne repense pas pour le plaisir au lion croisé la veille. Nous, les humains, pouvons continuer à penser à hier, à demain ou même à quelque chose qui s’est passé il y a des années.
« Pour votre corps, c’est toujours maintenant », explique-t-il.

Si vous pensez à quelque chose qui génère du stress, votre système de stress peut donc, selon Tom, s’activer à cet instant précis. Il y voit une différence importante avec la réaction de stress courte pour laquelle ce système serait initialement conçu.

3 idées à retenir

  1. Vos pensées se vivent dans le présent.
    Selon Tom, penser à un événement passé ou futur peut solliciter votre système de stress aujourd’hui.
  2. Votre corps est fait pour bouger.
    Il souligne le contraste entre de nombreuses sollicitations mentales et peu de stimulation physique.
  3. Ruminer n’est pas un objectif.
    Tom distingue les pensées qui tournent en boucle d’un défi porté par une vision, un objectif et une motivation.
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Un zèbre ne repense pas pour le plaisir au lion croisé la veille. Nous, les humains, pouvons continuer à penser à hier, à demain ou même à quelque chose qui s’est passé il y a des années.
Tom De Prest  kinésithérapeute

Système de stress activé, système moteur au repos

Tom souligne aussi un autre contraste. D’un côté, notre système de stress peut selon lui être sollicité en permanence. De l’autre, chez beaucoup de personnes, les muscles, les articulations et les os reçoivent justement peu de stimulation.
Notre système moteur est fait pour bouger, explique-t-il. Pourtant, un mode de vie confortable le sollicite souvent moins.
Résultat selon Tom : deux extrêmes peuvent coexister. Un système de stress qui reçoit beaucoup de signaux et un système moteur qui, lui, est peu stimulé.

Ruminer n’est pas la même chose que se challenger

Tom fait également une distinction sur le plan mental. « Un défi mental, ce n’est pas ruminer », explique-t-il. Pour lui, un véritable défi mental se nourrit plutôt d’une vision, d’un objectif et d’une motivation.
Ruminer fonctionne autrement : les mêmes pensées reviennent encore et encore, tandis que, selon Tom, votre corps réagit chaque fois dans le moment présent. Et nous sommes plutôt doués pour ça. Revenir à hier, à ce qui s’est passé il y a vingt ans ou déjà imaginer ce qui pourrait peut-être arriver un jour.

Observer ce qui se passe dans votre tête

Le message de Tom n’est pas que tout confort est mauvais. Il s’interroge plutôt sur un mode de vie dans lequel le corps et l’esprit manquent de variation.
Il invite à observer leur interaction. À quelle fréquence votre tête se met-elle en mode alerte alors qu’aucun danger visible ne se présente à cet instant ? Et dans votre quotidien, quelle place reste-t-il pour solliciter votre corps ?

Pas besoin de tout chambouler du jour au lendemain. Prendre conscience de ce qui se passe peut déjà vous aider à regarder le stress et le mouvement autrement. Un premier pas en avant.

Ce blog reprend des idées partagées par Tom De Prest lors de son webinaire.

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