Mieux dormir ? Arrêtez de compter les heures

Dormir huit heures, se coucher tôt et surtout ne pas se réveiller la nuit. Voilà le programme idéal. Mais si toutes ces règles vous empêchaient justement de dormir ? Clément Letesson, psychologue spécialiste du sommeil, vous explique comment fonctionne votre sommeil et comment retrouver des nuits plus sereines.

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La fatigue, ce n'est pas de la somnolence, ce n'est pas parce que vous êtes fatigué que vous êtes somnolent.
Clément Letesson psychologue spécialiste du sommeil

Huit heures de sommeil ? Ce n'est pas un concours

Il est 3 h du matin. Vous ouvrez les yeux, regardez l'heure et commencez à calculer. Encore quatre heures de sommeil. Ou trois, si vous ne vous rendormez pas tout de suite. Demain s'annonce compliqué.

Selon Clément Letesson, nous accordons souvent trop d'importance au nombre d'heures passées à dormir. Huit heures, ce n'est pas un chiffre magique. Les besoins en sommeil varient d'une personne à l'autre et évoluent aussi avec l'âge.

Se réveiller de temps en temps pendant la nuit est également normal. Le sommeil se compose de plusieurs cycles, alternant sommeil léger et sommeil profond. L'essentiel n'est donc pas de compter chaque minute, mais de savoir si votre sommeil est suffisamment réparateur et comment vous vous sentez pendant la journée.

Fatigué ne veut pas toujours dire somnolent

Après une journée bien remplie, vous êtes épuisé. Vous décidez donc de vous coucher plus tôt. Sauf que… impossible de trouver le sommeil.

Pourquoi ? Parce que fatigue et somnolence sont deux choses différentes. La fatigue correspond à un épuisement physique ou mental. La somnolence, elle, se manifeste par des paupières lourdes, des bâillements et une difficulté à rester éveillé.

Au fil de la journée, votre corps accumule ce qu'on appelle la « pression de sommeil ». Plus vous restez éveillé et actif, plus votre besoin de dormir augmente. Si vous vous couchez alors que vous êtes fatigué, mais pas encore somnolent, vous risquez de tourner longtemps dans votre lit.

Votre horloge biologique aime la régularité

En plus de la pression de sommeil, votre horloge biologique détermine les moments où vous êtes éveillé ou somnolent. Elle est notamment influencée par la lumière du jour et vos habitudes quotidiennes.

Le conseil de Clément ? Essayez de vous lever à peu près à la même heure chaque jour. Une heure de réveil régulière aide votre corps à trouver son rythme. Pour le coucher, vous pouvez être un peu plus flexible : écoutez surtout les signes de somnolence.

Bouger et rester actif pendant la journée permet également d'accumuler suffisamment de pression de sommeil. Et même si une petite sieste peut faire du bien, une longue sieste risque de perturber votre nuit si vous avez déjà des difficultés à dormir.

Le sommeil ne vient pas sur commande

Vous êtes au lit, les yeux fermés, et vous essayez désespérément de vous endormir. Pendant ce temps, votre cerveau prépare la liste des courses de demain. Et tant qu'à faire, celle de la semaine prochaine.

Ça vous parle ? Selon Clément, s'inquiéter de son sommeil peut justement créer davantage de tensions. Rester plus longtemps au lit pour récupérer les heures perdues n'est pas toujours la solution non plus.

Vous restez éveillé longtemps et l'agacement commence à monter ? Levez-vous un moment et faites une activité calme. Retournez au lit lorsque la somnolence revient. Vous aidez ainsi votre cerveau à associer à nouveau votre lit au sommeil.

La leçon à retenir ? Mieux dormir ne signifie pas suivre toujours plus de règles. Il s'agit surtout de comprendre comment fonctionne votre corps et d'apprendre à connaître votre propre rythme.

Et ce soir ? Pour une fois, laissez peut-être votre réveil tranquille.

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