8 conseils pratiques pour développer le goût chez bébé

De la nourriture renversée, des mains sales ou une cuillère par terre ? Cela fait partie de l’apprentissage ! Pour votre bébé, le repas n’est pas seulement un moment pour se nourrir, mais aussi pour toucher, sentir, goûter et découvrir. Tout comme il vous imite au niveau du langage et des mouvements, il en fait de même à table. Prenez le temps de ralentir, d’observer et d’expérimenter ensemble les saveurs et les textures. Grâce à ces conseils, vous accompagnerez votre bébé pas à pas et sereinement dans son aventure gustative. 

Nos 8 conseils

  1. Le goût se développe dès la grossesse
    Ce que vous mangez, votre bébé le goûte, littéralement. Pendant votre grossesse, vous transmettez déjà subtilement des saveurs à votre enfant par le biais du liquide amniotique, et ce, avant même qu’il ne prenne sa première bouchée. En principe, vous pouvez manger de tout (à l’exception des aliments crus ou pas assez cuits, du foie et des produits qui en contiennent, de l’alcool, des fruits et légumes non lavés, des fromages à pâte molle et de la caféine, avec modération). Plus votre alimentation est diversifiée, plus votre bébé apprend à connaître différentes saveurs. Un beau départ naturel pour un mangeur audacieux !
  2. L’allaitement maternel est préférable (mais pas obligatoire)
    En plus de l’alimentation, l’allaitement maternel est également un moyen de lui faire découvrir des saveurs. Tout est possible, mais faites attention aux plats extrêmement épicés. Vous remarquez que votre bébé est sensible ? Il serait alors peut-être préférable de tester certains aliments, comme le chou, l’oignon, l’ail ou encore le poivron, un par un, plutôt que de les mélanger tous ensemble. Vous n’arrivez pas à allaiter (ou ne pouvez plus) ? Ce n’est pas grave. Votre bébé a déjà découvert des saveurs pendant la grossesse. Avec l’alimentation solide, vous reprendrez simplement le chemin de la découverte plus tard. Parfois, mélanger une cuillère de son lait habituel à de la purée de légumes peut l’aider à s’habituer à une nouvelle saveur.
  3. Le journal de diversification alimentaire
    Pour nous, manger est naturel. Pour un bébé, chaque saveur, chaque odeur et chaque stimulus est une nouvelle expérience. Il est parfois difficile d’établir des liens, surtout lors de l’allaitement. Vous avez mangé beaucoup d’oignons la veille et bébé est agité le lendemain ? Ses intestins sont peut-être un peu trop sensibles. Un simple journal de diversification alimentaire peut vous aider à identifier certains schémas et vous servir de guide pratique. Cela peut aussi vous être utile lorsque vous commencez à introduire les premiers aliments solides. Notez les aliments que vous introduisez, ce que votre bébé aime, ce qu’il refuse systématiquement, etc.
  4. Manger, c’est plus que goûter
    Dès que les aliments solides sont introduits, un tout nouveau monde s’ouvre : pas seulement celui des saveurs, mais aussi celui des textures. Pour un bébé, ces stimuli tactiles sont aussi nouveaux que les saveurs elles-mêmes. Donnez-lui la possibilité de toucher, de manipuler et de découvrir avec ses mains, et de développer sa motricité buccale. Il apprendra ainsi petit à petit que ces nouvelles textures sont tout à fait sûres. Manger, c’est amusant !
  5. Repas chauds, réaction chaleureuse
    Grande question classique : faut-il débuter par une purée de légumes ou de fruits ? Les deux sont tout à fait possibles. La purée de légumes a l’avantage de pouvoir être servie chaude, ce que de nombreux bébés apprécient. Par ailleurs, elle offre une plus grande variété de saveurs et les légumes tendres, comme les carottes ou le fenouil, sont souvent faciles à digérer. La purée de fruits est naturellement plus sucrée et donc immédiatement appréciée par certains bébés. Les deux options sont donc parfaites.
  6. Ayez confiance en votre intuition
    Cette règle est probablement la plus importante : écoutez votre bébé. Ne faites pas de l’alimentation un champ de bataille, car cela a souvent l’effet inverse. Observez les signes qui montrent que votre enfant est prêt pour la nourriture solide : une position assise plus stable et un intérêt pour ce qui se trouve dans votre assiette. Maîtriser la préhension en pince (ramasser de petits objets entre le pouce et l’index) est utile si vous souhaitez également commencer à donner des morceaux. (voir l’encadré) Votre bébé n’est pas encore prêt ? Ce n’est pas grave. Continuez à lui donner du lait et réessayez plus tard. Installez-le toutefois à table afin qu’il puisse profiter de chaque repas.
  7. La limite des 6 mois
    L’OMS recommande un allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois. Ensuite, il est important d’introduire des aliments solides, notamment parce que les réserves en fer de votre bébé seront alors épuisées. Les aliments solides sont donc indispensables non seulement pour le goût et le développement, mais aussi pour l’apport en nutriments essentiels.
  8. La persévérance, votre meilleure alliée
    Lorsque vous commencez à donner des purées de fruits et de légumes à votre enfant, il est parfaitement compréhensible que vous souhaitiez lui faire découvrir autant de saveurs que possible. Mais il faut savoir lever le pied. Si la variété est importante pendant la grossesse et l’allaitement, il en va autrement lorsque vous commencez la diversification alimentaire. Chaque type de bouillie est un nouveau stimulus pour votre bébé, qui doit l’assimiler. Proposer chaque jour quelque chose de différent peut être trop difficile à gérer et pourrait même avoir l’effet inverse. Alors n’hésitez pas à donner le même légume pendant une semaine entière afin qu’il s’y habitue. Commencez par quelques cuillerées et augmentez progressivement la quantité, le bol n’a pas besoin d’être vide dès le premier jour. En effet, il ne s’agit pas d’une question de goût, mais d’apprentissage. Plus tard, vous pourrez également proposer la même chose plusieurs jours de suite. Persévérer et réessayer vous apportera reconnaissance et confiance.
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Nous mangeons avec tous nos sens. Laissez donc aussi votre bébé toucher et même jouer avec ses aliments pour les découvrir.
Cathérine Heugens Diététicienne chez Nestlé

La diversification menée par l’enfant, c’est quoi ?

Lorsque vous commencez à introduire des aliments solides, vous pouvez choisir entre des purées lisses ou écrasées et des morceaux. La méthode Rapley, aussi connue sous le nom de diversification menée par l’enfant, repose sur cette dernière option. Elle consiste à proposer à votre enfant des morceaux de fruits et légumes mous, de la taille d’un pouce (d’adulte) environ, que vous pouvez facilement écraser entre votre pouce et votre index.

Vous laissez votre enfant expérimenter en toute tranquillité et découvrir à son propre rythme. Au début, il s’amusera avec et en mettra partout, mais ce n’est pas grave. Au bout d’un moment, bébé mettra naturellement la nourriture à sa bouche et commencera à la goûter. Il peut arriver qu’il tousse ou régurgite, ce qui est une réaction normale lorsqu’il apprend à manger. Veillez à toujours rester à proximité bien sûr, afin de pouvoir intervenir si nécessaire, mais restez calme et ne paniquez pas immédiatement.

Vous vous demandez si votre enfant mange suffisamment ? Il y a deux éléments importants à garder en tête. Premièrement, un bébé en bonne santé de cet âge ne se laissera pas mourir de faim. Les bébés montrent généralement de manière assez claire ce qu’ils veulent et ce dont ils ont besoin. Du moment que les couches sont suffisamment mouillées, que votre bébé va régulièrement à la selle, qu’il est actif et qu’il suit la courbe de croissance, il n’y a en général pas lieu de s’inquiéter.

De plus, il n’est pas obligatoire de choisir une seule méthode. Vous pouvez parfaitement combiner la diversification menée par l’enfant avec des purées que vous lui préparez vous-même. Ainsi, votre bébé découvre différentes textures, vous vous sentez plus en confiance quant à la quantité qu’il ingère, et il a toujours la liberté de faire ses propres découvertes.