Pourquoi l’éducation des enfants ne doit pas se faire en solo
Aujourd’hui, de nombreux parents endossent seuls leur rôle parental. Non pas parce que cela leur semble naturel, mais parce que notre mode de vie – individualiste, fracturé et effréné – nous l’a inconsciemment appris.
Pourtant, cela ne doit pas nécessairement être le cas. En procédant à de petits changements, en faisant des choix conscients et en tissant de nouveaux liens, nous pouvons à nouveau construire un « village » chaleureux autour de nos familles.
Être parent ne doit pas être une tâche solitaire
« De nombreux parents se posent la question suivante : “Dois-je tout faire moi-même ?”
Dans une société qui valorise l’autonomie, on a l’impression que les parents doivent tout contrôler : le travail, le ménage, l’administration, les soins et l’éducation. Mais historiquement, être parent n’a jamais été un rôle qu’il faut remplir individuellement.
Depuis l’industrialisation, un nombre croissant de familles a rejoint la ville pour y trouver du travail. Cela a entraîné une diminution du nombre de générations vivant sous le même toit et une réduction de la taille et de l’activité de la famille nucléaire. Cela signifie souvent que les grands-parents, les voisins et les membres de la famille qui aidaient autrefois au quotidien, que ce soit pour cuisiner ou garder les enfants, vivent désormais à des distances éloignées.
Ajoutez à cela les réseaux sociaux et la pression pour être performant, et les parents se retrouvent dans une situation où ils sont livrés à eux-mêmes. Non pas parce qu’ils le veulent, mais parce que notre société a évolué en ce sens.
Pourtant, en tant que parent, vous pouvez reconstruire un réseau de soutien grâce à de petites formes de liens : voisins, famille, amis ou autres parents de l’école. Il est clair qu’un seul parent ne peut pas remplacer ce qu’un village entier faisait autrefois. Chaque maillon de la communauté compte. »
Il est plus sain de vivre en communauté que de s’isoler
« Une communauté forte n’est pas un luxe, mais un besoin essentiel. Les personnes qui vivent en communauté sont moins stressées, plus résilientes et se sentent plus confiantes dans leur rôle de parents.
En effet, une famille ne se compose pas uniquement des adultes qui la composent, mais aussi des personnes dont vous vous entourez. Les enfants s’inspirent de différentes personnalités, énergies et rôles. Chaque personne dans la vie de votre enfant peut partager un talent différent que vous, en tant que parent, n’avez peut-être pas.
De plus, les parents ne sont pas destinés à être constamment des compagnons de jeu pour leurs enfants. Autrefois, les enfants allaient jouer avec les autres enfants du quartier, mais aujourd’hui cette possibilité naturelle tend à disparaître, ce qui oblige les parents à endosser ce rôle, ce qui est non seulement fatigant, mais aussi non naturel.
Un réseau permet à chacun de partager les responsabilités, d’avoir des moments de repos et d’offrir une diversité saine aux enfants. Cela permet également de moins se replier sur soi-même. Dans les familles qui bénéficient d’un réseau soudé, on constate par exemple que les parents peuvent plus souvent prendre des moments de repos, comme une promenade, une sieste ou même simplement un quart d’heure de silence, parce que quelqu’un d’autre prend le relais.
Lorsque nous choisissons de tisser de nouveaux liens, la parentalité passe d’une tâche épuisante et solitaire à une expérience de partage et supportable. »
De petits pas vers un village solidaire
« Un village ne se crée pas tout seul. Il peut parfois sembler difficile, surtout pendant les premières années de votre enfant, de trouver ce réseau de soutien, mais ne cherchez pas trop loin. Pensez à vos voisins, aux parents de l’école ou de la crèche, ou encore à vos loisirs...
Cela n’a pas besoin d’être grand ou compliqué : partagez une tâche, échangez quelque chose ou demandez de l’aide. Grâce à ces petites interactions, les liens se renforceront naturellement et il deviendra de plus en plus normal de demander et de recevoir sans ressentir de culpabilité.
Coopérer peut être très simple et ne coûte rien. Cuisiner avec vos voisins, faire du covoiturage pour les activités, laisser vos enfants jouer ensemble, partager du matériel dans la rue ou garder les enfants les uns des autres sont de petits gestes qui allègent immédiatement la charge du quotidien. »
Une astuce pour se lancer
Choisissez quelque chose que vous faites normalement seul et demandez aujourd’hui à quelqu’un de vous aider, ou proposez vous-même votre aide. Chaque village commence par de petits gestes simples.