Mindful eating

03/05/2016Le mot du spécialiste

Manger en pleine conscience. Cela peut paraître simple, mais comment s’y prendre ? Caroline Baerten, nutritionniste, répond à la question.

Apprendre à écouter votre corps

Le « mindful eating », c’est quoi ? Soyez rassuré(e) : il ne s’agit pas du énième régime miracle. Il n’est pas ici question de calories ou d’allergènes. Le « mindful eating » vous apprend à être plus à l’écoute de votre corps et à reconnaître l’influence de certaines émotions et pensées sur vos habitudes alimentaires. Vous disposez ainsi de la confiance et de la liberté nécessaires pour faire vos propres choix et profiter de manière plus consciente de tous les délices que Mère Nature a à vous offrir.  

Pourquoi manger, à vrai dire ?

« Où, quand, comment et pourquoi vous mangez a plus d’importance que ce que vous mangez proprement dit », entame Caroline Baerten, nutritionniste en charge de l’atelier « Mindful eating » (l’atelier est en ce moment proposé en néerlandais ; il sera prochainement organisé en français). Depuis 2009, elle est l’une des premières formatrices « mindful eating » en Europe. « Manger en pleine conscience signifie que vous prêtez attention au cours du repas aux impressions sensorielles, sensations corporelles, ainsi qu’aux pensées et émotions qui y sont liées. Bien trop souvent, nous mangeons en mode pilote automatique : nous nous empiffrons, sans y accorder la moindre attention. Cela nous procure peu de plaisir sensoriel et nous donne en plus le sentiment de ne jamais être rassasiés. »

Prendre le temps

Manger en pleine conscience. Cela peut paraître simple, mais comment s’y prendre ? « La pleine conscience est une compétence qu’il faut développer », explique Caroline. « C’est une question d’attention. Vous devez être conscient que pendant la préparation et la dégustation d’un repas, vous nourrissez aussi bien votre corps que votre esprit. Choisissez des aliments aussi bons que nutritifs et prenez toujours le temps de découvrir avec vos sens, de déguster et de savourer. Vous prenez plus de plaisir. Un rythme plus lent est également essentiel pour sentir lorsque vous êtes rassasié, et c’est en outre meilleur pour la digestion. »

Faim et satiété

Les signaux de faim et de satiété que le corps envoie sont un second aspect du « mindful eating ». « Au fond, c’est étrange que nous nous montrions peu curieux à propos de ces sensations, alors qu’elles sont un bon moyen de savoir quand manger et quand s’arrêter », poursuit Caroline. « Ces signaux doivent être bien interprétés. Jan Chozen Bays, le médecin américain qui a introduit le concept de “mindful eating”, a notamment effectué des recherches sur la sensation de faim. Il a découvert neuf types de faim. Et manger semble être la solution appropriée pour seulement deux d’entre eux. Pensez, par exemple, à un chagrin d’amour. Vous pouvez manger un pot de glace en entier, mais vous pouvez tout aussi bien manger une boule de glace avec attention. Ou encore opter pour un bain bien chaud. »

Plaisir

Ce qui nous amène à l’influence des pensées et des émotions sur nos habitudes alimentaires. « En réfléchissant à certaines habitudes automatiques ou réactions émotionnelles (désir, dégoût…), vous apprenez à remarquer plus clairement comment les émotions et les pensées peuvent influencer nos habitudes alimentaires. Nous ne prononçons pas de jugement à ce sujet, mais cette approche peut libérer de l’espace pour adopter un autre point de vue. »

Envie d’en savoir plus ?

Un atelier consacré au « mindful eating » sera prochainement organisé en français. Tenez notre site Internet à l’œil !